Après un AVC, le risque de chute peut être plus élevé dans certaines situations du quotidien. Ce risque ne dépend pas d’un seul facteur, mais de l’ensemble des conditions dans lesquelles sont réalisés les mouvements : environnement, manière de se déplacer, fatigue, attention.
L’objectif n’est pas seulement de “faire attention”, mais surtout d’adapter concrètement certaines habitudes pour sécuriser les déplacements.
Sécuriser son environnement pour limiter les situations à risque
Une grande partie des chutes survient dans des environnements pourtant familiers. Quelques ajustements simples peuvent déjà réduire significativement le risque.
Par exemple, enlever les tapis qui glissent, éviter les objets au sol ou améliorer l’éclairage permet de mieux anticiper les déplacements. La nuit, prévoir une lumière accessible ou automatique évite de se déplacer dans l’obscurité.
Dans la salle de bain, installer un appui ou un tapis antidérapant permet de sécuriser les moments où l’équilibre est plus sollicité. Dans les escaliers, utiliser systématiquement une rampe et vérifier que les marches sont bien visibles limite les erreurs d’appui.
Ces adaptations permettent de réduire les imprévus, qui sont souvent à l’origine des pertes d’équilibre.
Adapter concrètement ses déplacements dans les gestes du quotidien
La manière de bouger a un impact direct sur le risque de chute. Prendre le temps d’organiser ses mouvements permet de gagner en stabilité.
Pour se lever d’une chaise, il est préférable de reculer les pieds sous l’assise, de se pencher légèrement vers l’avant, puis de pousser progressivement sur les jambes plutôt que de se redresser d’un coup.
Lors d’un demi-tour, éviter de pivoter rapidement. Il est plus sécurisant de faire plusieurs petits pas pour tourner progressivement.
Pour marcher, regarder devant soi, anticiper les obstacles et garder un rythme régulier aide à maintenir l’équilibre. En extérieur, ralentir légèrement sur des surfaces irrégulières ou encombrées permet de mieux s’adapter.
Face à un obstacle, comme un trottoir, se rapprocher, se stabiliser, puis franchir l’obstacle sans précipitation améliore la sécurité du mouvement.
Gérer l’attention et éviter les situations de double tâche
Certaines situations augmentent le risque de chute sans que cela soit évident. Marcher en parlant, regarder autour de soi en même temps ou se presser peut diminuer la qualité du contrôle du mouvement.
Il est souvent préférable de faire une chose à la fois : s’arrêter pour parler, prendre le temps d’observer l’environnement avant de repartir, ou éviter de se précipiter dans des situations complexes.
Lorsque l’environnement est chargé (bruit, monde, obstacles), ralentir volontairement permet de mieux contrôler ses déplacements.
Situations à haut risque de chute
- se lever rapidement sans préparation
- tourner brusquement sur place
- marcher dans un environnement encombré ou mal éclairé
- réaliser plusieurs actions en même temps
- se déplacer en étant fatigué
Tenir compte de la fatigue pour rester en sécurité
La fatigue joue un rôle important. En fin de journée ou après un effort, les capacités de contrôle diminuent.
Dans ces moments-là, il est utile de simplifier les déplacements, de prendre plus de temps et d’éviter les situations complexes.
Par exemple, prévoir ses déplacements à l’avance ou éviter de se lever plusieurs fois inutilement peut limiter les situations à risque.
Entretenir ses capacités pour sécuriser durablement les déplacements
Réduire le risque de chute ne repose pas uniquement sur la prudence. Cela dépend aussi des capacités physiques.
Le travail de l’équilibre, du renforcement musculaire et de la coordination permet d’améliorer la stabilité dans le temps.
Répéter des situations du quotidien, comme se lever, marcher ou franchir un obstacle, aide à rendre les mouvements plus fiables et plus automatiques.
Actions simples à mettre en place immédiatement
- prendre le temps avant chaque mouvement
- sécuriser les zones de passage à domicile
- éviter de faire plusieurs choses en même temps
- adapter sa vitesse de déplacement
- rester actif pour entretenir ses capacités
Ai-je bien compris?
Après un AVC, réduire le risque de chute repose sur des actions concrètes : adapter son environnement, organiser ses déplacements, gérer son attention et sa fatigue, et entretenir ses capacités. Ce sont ces ajustements, répétés au quotidien, qui permettent de sécuriser les déplacements.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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