Le retrait d’un plâtre marque souvent une étape attendue : celle où l’on peut enfin recommencer à bouger librement. Pourtant, il est fréquent que l’articulation concernée reste douloureuse pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines. Cette douleur peut surprendre, surtout lorsque la fracture est consolidée ou que la phase aiguë du traumatisme est terminée.
Il est important de comprendre que la consolidation osseuse ne correspond pas à une récupération fonctionnelle complète. Une articulation immobilisée pendant plusieurs semaines subit des modifications progressives. Ces adaptations concernent les muscles, la capsule articulaire et la manière dont le mouvement est contrôlé.
L’immobilisation modifie le fonctionnement de l’articulation
Une articulation est entourée d’une capsule articulaire, qui est une enveloppe fibreuse assurant stabilité et guidage du mouvement. Elle contient également un liquide appelé liquide synovial, qui facilite le glissement des surfaces articulaires.
Lorsque le mouvement est limité pendant plusieurs semaines, plusieurs phénomènes apparaissent :
- diminution de l’amplitude de mouvement,
- réduction de la circulation du liquide synovial,
- perte de force musculaire,
- adaptation progressive de la capsule et des ligaments au non-mouvement.
La diminution du mouvement entraîne une réduction de la lubrification interne. Le liquide synovial circule moins efficacement lorsque l’articulation bouge peu. Cette situation peut majorer la sensation de frottement ou d’inconfort à la reprise.
Les muscles, quant à eux, perdent en volume et en force. Cette perte n’est pas une lésion, mais une adaptation au non-usage. Un muscle plus faible stabilise moins efficacement l’articulation. À la reprise du mouvement, les structures articulaires peuvent être davantage sollicitées, ce qui contribue à la douleur.
La capsule articulaire peut également devenir moins souple. Les fibres qui la composent s’adaptent à une position immobile. Lorsqu’on recommence à mobiliser l’articulation, ces tissus doivent retrouver progressivement leur élasticité. Cette remise en tension peut être ressentie comme douloureuse.
La reprise du mouvement peut réactiver des tissus encore sensibles
Lorsque le plâtre est retiré, la reprise du mouvement et de l’appui expose l’articulation à des contraintes mécaniques qu’elle n’a pas supportées depuis plusieurs semaines. Cette situation peut entraîner une douleur transitoire.
Plusieurs éléments peuvent contribuer à cette douleur :
- la mise en tension de tissus capsulaires encore raides,
- l’augmentation progressive des charges supportées,
- la réactivation de muscles affaiblis,
- l’adaptation progressive de la coordination du mouvement.
L’adaptation neuromusculaire correspond à la manière dont le système nerveux active et coordonne les muscles autour de l’articulation. Après une période d’immobilisation, cette coordination peut être moins précise. Les muscles ne se contractent pas toujours au bon moment ou avec l’intensité optimale. Cette situation peut entraîner une sollicitation moins harmonieuse des surfaces articulaires, ce qui participe à la douleur.
Cette phase d’adaptation ne signifie pas que la consolidation est insuffisante. Elle correspond souvent à une étape normale de réappropriation du mouvement. La douleur diminue progressivement lorsque la mobilité s’améliore, que la force musculaire revient et que la coordination se réorganise.
Il est néanmoins important de surveiller l’évolution. Si la douleur augmente de manière progressive, ne diminue pas avec le temps ou s’accompagne d’un gonflement inhabituel, un avis médical peut être nécessaire afin d’évaluer la situation.
Ai-je bien compris?
Après le retrait d’un plâtre, la douleur articulaire est souvent liée aux adaptations provoquées par l’immobilisation. Les muscles ont perdu en force, la capsule articulaire est moins souple et la lubrification interne a diminué. La reprise du mouvement met en tension des tissus encore raides et nécessite une réorganisation progressive de la coordination musculaire. Dans la majorité des cas, cette douleur correspond à une phase d’adaptation et diminue progressivement avec la récupération fonctionnelle.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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