Le terme “nerf fibulaire” désigne en réalité le nerf fibulaire commun, situé à la face externe du genou. Ce nerf se divise en deux branches : une branche profonde et une branche superficielle. Ensemble, elles participent au contrôle de la cheville et du pied pendant la marche.
La branche profonde innerve principalement les muscles qui permettent de relever l’avant-pied et d’étendre les orteils. La branche superficielle innerve surtout les muscles qui stabilisent latéralement le pied en réalisant l’éversion (L’éversion correspond au mouvement qui oriente la plante du pied légèrement vers l’extérieur et participe à la stabilité latérale de la cheville.) . Lorsque le nerf fibulaire commun est atteint, l’une ou l’autre de ces fonctions peut être perturbée, selon le niveau de la lésion.
Le rôle précis du nerf fibulaire dans la marche
Pendant la marche, il existe une phase où le pied quitte le sol pour avancer. À ce moment précis, l’avant-pied doit être relevé pour éviter d’accrocher le sol. Cette action dépend principalement des muscles releveurs commandés par la branche profonde du nerf fibulaire commun.
On observe alors en cas d’atteinte :
- une difficulté à relever l’avant-pied
- un pied qui reste orienté vers le bas
- une extension des orteils moins efficace
- un risque d’accrochage lors du passage du pas
Si la lésion est située en amont de la division du nerf, la branche superficielle peut également être concernée. L’éversion du pied devient alors moins efficace, ce qui diminue la stabilité latérale de la cheville.
Ce qui se passe concrètement lorsque le nerf est atteint
Lorsque la commande nerveuse n’arrive plus correctement aux releveurs, le pied ne se positionne plus spontanément en dorsiflexion pendant la phase de balancement. La personne peut alors adopter une stratégie compensatoire, souvent inconsciente, consistant à lever davantage le genou pour éviter que les orteils ne touchent le sol.
Cette adaptation peut entraîner :
- une modification du schéma de marche
- une dépense énergétique plus importante
- une fatigue accrue
- une augmentation du risque de chute par accrochage
Il ne s’agit pas uniquement d’un manque de force. Le contrôle neuromoteur est également perturbé. Même lorsqu’un peu de contraction persiste, le timing et la coordination peuvent être altérés, ce qui modifie la qualité du mouvement.
En résumé, la difficulté à relever le pied lors d’une atteinte du nerf fibulaire commun s’explique par l’interruption ou l’altération du signal nerveux vers les muscles responsables de la dorsiflexion et, selon le niveau de la lésion, de la stabilisation latérale.
Ai-je bien compris?
Le nerf fibulaire commun commande les muscles qui relèvent l’avant-pied et stabilisent la cheville. Lorsqu’il est atteint, la dorsiflexion peut devenir insuffisante, ce qui empêche le pied de se dégager correctement du sol pendant la marche. Selon le niveau de la lésion, la stabilité latérale peut également être diminuée. Cette modification mécanique explique l’accrochage du pied et l’adaptation du pas.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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