Une gêne respiratoire possible en dehors des crises
Vivre avec un asthme, c’est souvent vivre avec une respiration qui ne se comporte pas toujours comme attendu. Même en dehors des crises, certaines personnes ressentent une gêne respiratoire diffuse, une fatigue plus rapide à l’effort ou une impression que le souffle s’adapte moins bien aux contraintes du quotidien. Cette gêne peut être fluctuante, parfois discrète, parfois plus marquée, et elle ne se limite pas aux épisodes aigus classiquement associés à l’asthme.
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Un travail respiratoire accru, surtout à l’expiration
Dans l’asthme, la respiration est souvent plus sollicitée, en particulier lors de l’expiration. L’air circule moins facilement dans les voies respiratoires, ce qui oblige l’organisme à fournir un effort respiratoire plus important pour maintenir une ventilation suffisante. Cette augmentation du travail respiratoire peut rester peu perceptible au repos, mais elle devient plus évidente dès que la demande augmente, comme lors de la marche rapide, de la montée d’escaliers ou d’une activité physique.
Les adaptations respiratoires face à la contrainte
Face à cette difficulté, la respiration s’adapte pour répondre à la contrainte immédiate. Le rythme respiratoire peut s’accélérer, le souffle devenir plus court et plus haut, avec une mobilisation accrue du haut du thorax et des muscles accessoires.
- accélération du rythme respiratoire
- diminution de l’amplitude du souffle
- mobilisation accrue du haut du thorax
- participation plus importante des muscles accessoires
- adaptation efficace à court terme mais coûteuse sur le plan énergétique
Une respiration plus coûteuse et une récupération plus lente
Ces adaptations permettent de maintenir la ventilation, mais elles rendent la respiration plus coûteuse en énergie. Le souffle fatigue plus vite, la récupération après l’effort est plus lente, et l’activité peut sembler disproportionnée par rapport à son intensité réelle. Cette fatigue respiratoire contribue à une sensation d’essoufflement qui ne reflète pas toujours une aggravation de la maladie, mais plutôt une efficacité respiratoire diminuée.
Une gêne variable et parfois déroutante
La gêne respiratoire associée à l’asthme n’est pas toujours constante. Elle peut varier selon le moment de la journée, le niveau de fatigue, l’environnement ou le contexte émotionnel. Certaines périodes sont relativement confortables, tandis que d’autres sont marquées par une respiration plus sensible et moins tolérante à l’effort. Cette variabilité peut être déroutante et conduire à anticiper l’essoufflement en limitant certaines activités.
Le cercle de la réduction d’activité
Avec le temps, un cercle peut s’installer. La gêne respiratoire incite à réduire l’activité physique, ce qui diminue progressivement la tolérance à l’effort. Moins le corps est exposé à la contrainte, plus la respiration devient sensible lorsqu’elle est sollicitée à nouveau.
- diminution progressive de l’activité
- baisse de la tolérance à l’effort
- majoration de la gêne lors des sollicitations
- interaction croissante entre respiration et mouvement
Comprendre les mécanismes respiratoires globaux
Comprendre l’asthme sous l’angle de la gêne respiratoire et des mécanismes respiratoires permet de mieux interpréter ces sensations. Il ne s’agit pas uniquement de ce qui se passe dans les bronches, mais de la manière dont la respiration s’organise, s’adapte et répond aux besoins du corps. Cette lecture globale aide à distinguer une gêne liée à l’effort d’une aggravation réelle et à mieux appréhender les limites fonctionnelles.
Une base pour une approche fonctionnelle
Cette compréhension ouvre la voie à une approche complémentaire centrée sur l’adaptation respiratoire, l’effort et l’autonomie. Elle constitue une base essentielle avant d’aborder plus précisément les mécanismes de la maladie, la gestion de situations particulières ou la place de la rééducation respiratoire dans le quotidien des personnes asthmatiques.
Ai-je bien compris?
L’asthme s’accompagne souvent d’une gêne respiratoire variable, parfois présente en dehors des crises. Cette gêne est liée à une respiration plus coûteuse, notamment à l’expiration, qui augmente le travail ventilatoire et la fatigue à l’effort. Les adaptations respiratoires rendent le souffle moins efficace et la récupération plus lente. Comprendre ces mécanismes globaux permet de mieux interpréter les sensations et de préparer une prise en charge fonctionnelle centrée sur l’adaptation du souffle au quotidien
Article proposé par l’équipe du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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