Renforcer la qualité des appuis et le contrôle du mouvement
Dans une neuropathie périphérique, la marche peut être perturbée par une sensibilité moins précise ou une activation musculaire moins efficace. La rééducation ne cherche pas à “réparer” le nerf, mais à optimiser ce qui fonctionne encore afin d’augmenter la stabilité globale.
Un premier axe de travail concerne les appuis. Lorsque les informations venant du pied sont moins fiables, la manière de poser le pied au sol peut devenir imprécise. Le travail vise alors à améliorer la qualité du contact et la régularité du déroulé du pas.
Concrètement, la rééducation peut porter sur :
- la stabilité de la cheville lors de l’appui
- l’alignement genou–hanche pendant le pas
- le contrôle du bassin pour limiter les déséquilibres latéraux
- la coordination entre les deux membres inférieurs
Ce travail a pour objectif d’entretenir les marges de sécurité mécaniques, même si la sensibilité reste partiellement altérée.
Entraîner les réactions d’équilibre et l’adaptation aux imprévus
La chute survient rarement en situation parfaitement stable. Elle apparaît souvent lors d’un imprévu : obstacle, demi-tour rapide, variation du terrain.
La rééducation vise donc à entraîner la capacité d’adaptation. L’équilibre est travaillé dans des situations progressives, proches de la réalité, afin d’améliorer la rapidité et la précision des réactions posturales.
Les objectifs peuvent inclure :
- améliorer les ajustements posturaux lors de changements de direction
- travailler les transferts de poids contrôlés
- exposer progressivement à des surfaces variées
- favoriser une démarche plus automatique
En répétant ces situations de manière sécurisée, le corps développe des réponses plus efficaces.L’objectif est que la marche demande moins de concentration permanente, ce qui contribue indirectement à la stabiliser.
Réduire les compensations inefficaces et préserver l’autonomie
Face à l’instabilité, le corps peut adopter des stratégies de rigidification ou de ralentissement excessif. Ces adaptations peuvent rassurer à court terme, mais elles augmentent parfois la fatigue et limitent la fluidité du mouvement.
La rééducation aide à identifier ces stratégies et à les ajuster lorsqu’elles deviennent coûteuses. L’objectif n’est pas d’obtenir une marche parfaite, mais une marche suffisamment stable, adaptée aux capacités disponibles.
Même si la récupération nerveuse reste partielle, l’amélioration du contrôle moteur, de la coordination et de l’organisation du pas peut réduire le risque de chute. La sécurisation de la marche repose donc sur l’optimisation des capacités existantes et sur l’entraînement progressif des situations du quotidien.
Ai-je bien compris?
La rééducation ne répare pas directement le nerf atteint, mais elle agit sur la manière de marcher. Elle améliore la qualité des appuis, entraîne les réactions d’équilibre et corrige les compensations inefficaces. En travaillant ces éléments, la marche peut devenir plus stable et plus automatique. Même si la récupération nerveuse est incomplète, ces adaptations augmentent les marges de sécurité et contribuent à limiter le risque de chute.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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