Lever le bras fait intervenir l’une des articulations les plus mobiles du corps humain,l’épaule. Cette articulation permet des mouvements amples dans de nombreuses directions, notamment pour attraper un objet en hauteur, s’habiller ou réaliser des gestes au-dessus de la tête. Lorsque l’articulation est concernée par l’arthrose, ces mouvements peuvent devenir plus exigeants et parfois douloureux. Cette situation s’explique principalement par la manière dont l’articulation tolère les contraintes mécaniques lorsque le bras s’élève.
Les contraintes mécaniques augmentent lorsque le bras s’élève
L’élévation du bras entraîne une augmentation progressive des contraintes dans l’articulation gléno-humérale. Lorsque le bras monte, la tête de l’humérus se déplace et exerce une pression contre la surface articulaire de la glène. Dans une articulation saine, le cartilage articulaire participe à la répartition des contraintes mécaniques et facilite le glissement entre les surfaces articulaires pendant le mouvement.
Dans l’arthrose, la surface articulaire devient moins tolérante aux charges mécaniques. Le mouvement d’élévation peut alors être perçu comme plus exigeant pour l’articulation.
Plusieurs phénomènes peuvent participer à cette situation :
- augmentation de la compression articulaire lorsque le bras s’élève
- répartition moins homogène des contraintes mécaniques
- surfaces articulaires moins adaptées au glissement
- tolérance articulaire réduite lors de certaines amplitudes
Ces modifications expliquent pourquoi certains gestes réalisés bras levé peuvent devenir plus sensibles.
La mobilité de l’épaule peut progressivement se modifier
L’arthrose peut également influencer la mobilité de l’articulation. L’élévation du bras ne dépend pas uniquement du mouvement de l’humérus : elle implique aussi la coordination entre la tête humérale, la glène et l’omoplate.
Lorsque la mobilité articulaire devient plus limitée, le mouvement peut sembler moins fluide. Certaines amplitudes deviennent alors plus exigeantes pour l’articulation.
Cette modification du mouvement peut se traduire par :
- une amplitude d’élévation parfois plus réduite
- une rotation de l’épaule moins aisée
- une sensation de mouvement plus contraint
- une participation plus importante de l’omoplate pour accompagner le bras
Lorsque certaines amplitudes deviennent moins tolérées par l’articulation, le corps peut modifier l’organisation du mouvement. L’omoplate participe alors davantage à l’élévation du bras afin de permettre au mouvement de se poursuivre.
Les muscles et le contrôle du mouvement doivent s’adapter
Le mouvement de l’épaule repose aussi sur l’activité des muscles qui entourent l’articulation. Les muscles de la coiffe des rotateurs et ceux qui contrôlent l’omoplate participent à la stabilité et au guidage du mouvement pendant l’élévation du bras.
Lorsque l’articulation tolère moins certaines contraintes, les muscles qui entourent l’épaule doivent contrôler plus finement la position de la tête de l’humérus pendant l’élévation du bras. Ce contrôle permet d’éviter que l’humérus ne se déplace de manière moins stable dans l’articulation.
Pour y parvenir, le système nerveux ajuste en permanence l’activité des muscles de l’épaule. Ces ajustements reposent notamment sur la proprioception : les muscles et l’articulation transmettent des informations sur la position et le mouvement du bras. Ces informations permettent d’adapter la contraction musculaire pendant l’élévation.
Lorsque ces ajustements deviennent plus exigeants, lever le bras peut demander davantage d’effort et certaines amplitudes peuvent devenir plus sensibles.
Dans certaines situations, ces adaptations rendent l’élévation du bras plus exigeante pour les muscles et pour l’organisation du mouvement.
Pourquoi certains gestes du quotidien deviennent plus exigeants
De nombreux gestes de la vie quotidienne nécessitent de lever le bras. Attraper un objet sur une étagère, s’habiller ou maintenir le bras en l’air pendant une activité sollicitent l’élévation de l’épaule. Dans ces situations, l’articulation gléno-humérale doit supporter des contraintes mécaniques plus importantes.
Lorsque le bras s’élève, la tête de l’humérus exerce une pression plus importante contre la surface articulaire de la glène. Les muscles de l’épaule doivent alors stabiliser l’articulation pour maintenir la position du bras et guider le mouvement. Ce travail musculaire est particulièrement sollicité lorsque le bras reste levé ou lorsque le geste est répété plusieurs fois.
Dans une articulation concernée par l’arthrose, la tolérance à ces contraintes mécaniques peut être diminuée. L’élévation du bras devient alors plus exigeante pour l’articulation et pour les muscles qui la contrôlent. C’est dans ces situations que certains gestes du quotidien réalisés bras levé peuvent devenir douloureux.
Ai-je bien compris?
L’arthrose de l’épaule peut rendre l’élévation du bras plus exigeante pour l’articulation. Lorsque le bras monte, les contraintes mécaniques augmentent naturellement dans l’articulation gléno-humérale. Si la surface articulaire tolère moins ces contraintes, certaines amplitudes deviennent plus sensibles. La mobilité de l’épaule peut aussi se modifier progressivement, ce qui change la manière dont le mouvement est réalisé. Les muscles et le contrôle neuromoteur s’adaptent alors pour stabiliser l’articulation et guider le mouvement. Ces ajustements expliquent pourquoi certains gestes du quotidien, notamment ceux réalisés bras levé, peuvent devenir plus difficiles avec l’arthrose de l’épaule.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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